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Atlético – Barça, pas de buts mais des choses à dire


La Liga attendait cette confrontation entre les deux leaders à égalité de points. Tout le monde s’attendait à une explosion de buts, que nenni. Mais le spectacle était au rendez-vous.

20h au stade Vicente Calderòn. Je m’attendais à voir Neymar et Messi d’entrée, les deux se sont retrouvés sur le banc. Le Brésilien, malade il y a quelques jours et Messi revenait de blessure. C’est avec le trio Pedro – Cesc – Sanchez que le Barça espérait ramener une victoire de Madrid. Les Colchoneros disposaient de toute l’armada. La compo était ambitieuse et le message était clair: ne pas subir. L’Atlético n’a jamais vraiment aimé avoir le ballon, c’est une équipe qui aime tacler, harceler et énerver son adversaire. Au moins, elle a un style qui ressemble à son coach du temps où il était joueur.

Le premier quart d’heure donne le ton, le bloc des locaux se retrouve assez haut avec deux axes de travail: couper court au rôle de Busquets sensé être le point de départ des attaques. Aller chercher haut pour empêcher le jeu du Barça. Le second axe était le relais entre les latéraux et les ailiers. On sait comment ça marche à Barcelone. Jordi Alba et Dani Alves se font toujours un plaisir de monter en faisant confiance à un système huilé devant avec trois joueurs qui permutent toutes les 10-15 minutes. Ingérable. La clé était donc de nommer Arda Turan et Koke comme harceleurs numéros 1 de respectivement Alves et Alba.

Il fallait s’en douter, un tel travail ne pouvait pas durer 90 minutes. Il fallait gérer les temps forts et les temps faibles. A ce jeu, Barcelone a décidé, comme il le fait de plus en plus face à des adversaires qui ne sont pas considérés comme « faciles », de plier en début de match et essayer de ne pas rompre. Une vilaine manie. La machine se mit alors en route vers la demi-heure de jeu. L’orage semble passé et le Barça a alors commencé à confisquer le ballon. Mais la bataille tactique n’a fait que commencer. On se retrouve dans un schéma classique avec Barcelone depuis le départ de Pep: la possession est catalane mais les offensives les plus marquantes sont madrilènes. Diego Costa manque de lucidité à plusieurs reprises, sur un contrôle dans la surface ou dans ses tentatives.

Barcelone retrouve un peu plus de pep’s et commence à sortir. Cela correspond bizarrement au moment où Busquets sort un peu la tête de l’eau. On se rend compte que les rôles ne sont pas si bien définis pour ce qui est du pressing. Qui doit harceler la défense ? Costa ou Villa ? Du coup, qui s’occupe de Busquets ? Gabi et Tiago ont déjà fort à faire avec Xavi et Iniesta. Ce manque de communication, peut-être ce trop-plein d’envie des Colchoneros ont fait que ce pressing n’a pu tenir une mi-temps.

En seconde période, Lionel Messi fait son entrée. Un autre match commence-t-il ? Quoi qu’il en soit, la deuxième manche s’est passée côté droit-Barça avec surtout l’activité de Dani Alvès, plus libre, et l’homme du match: Filipe Luis. Appliqué en première mi-temps, il aura carrément été dans toutes les interceptions de la relation Alves – Ailier. Il a su tout lire. Les latéraux aiment provoquer l’indécision. Un coup on déborde, un coup on pique dans l’axe. C’est ce qui a fait la force de Barcelone depuis des années. On ne savait ni où le latéral allait partir, ni à qui il allait la donner, l’ailier ou le milieu qui s’appelle Xavi ou Iniesta ? Y’a le choix. Filipe Luis aura sucré le choix de l’ailier au Barça. Il a été plus que brillant. Déterminant.

Et Messi dans tout ça ? Il aura essayé d’apporter sa technique dans le collectif, essayant parfois de faire cavalier seul. Mais le bloc de l’Atlético s’est réorganisé. Je ne mettrai quand même pas ma main à couper que Simeone n’avait pas prévu l’entrée de l’Argentin. Il parait que sans plan anti-Messi, t’es foutu. L’Atlético a prouvé le contraire. Repositionné, moins ambitieux offensivement, les Colchoneros ont jugé qu’un point, c’est pas si mal. Barcelone s’est retrouvé à pousser, à tenter des incursions via l’axe, puisqu’à gauche Jordi Alba n’a pas été au mieux et à droite y’a un type qui s’appelle Filipe Luis. Les fameuses incursions dans la surface à l’aide d’un pivot, qui fonctionnent habituellement face à Getafe ou Valladolid, sont elles-aussi bloquées.

A 10 minutes de la fin, Messi tente l’incursion solitaire. Il arrive à frapper en force un peu excentré. Mais Courtois montre qu’il est un superbe gardien de but. Rien à faire. Il n’y aura pas de but. Ce soir, le suspens et le spectacle étaient au rendez-vous, il ne manquait plus que les filets tremblent. Parfois, on dit qu’il y a de bons 0-0. Celui-ci rejoint la liste, au plus grand plaisir du Real Madrid.

A propos de Un félin

Je viens, je parle de foot et je retourne dans la savane. J'aime surtout parler de foot espagnol.

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