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Borussia, héros éliminé


Ce match, il parait que tout le monde l’attendait. Sous la menace d’être fouetté sur la place publique si jamais je rate cette confrontation retour (j’avais loupé l’aller), j’ai donc décidé de me brancher sur Canal et de regarder ce match retour entre José Mourinho Chelsea et le PSG. Je regarde le Canal Champions’ Club. Je me dis que tout ce qui est dit en avant match est inutile, la vérité est sur la pelouse de Stamford Bridge. Je pars donc au frigo et un moment important s’offre à moi, Grimbergen ou Despé ? Va pour la première qui vient dans mes mains, Grim.

Les joueurs entrent sur la pelouse.

Réflexe à la con, j’ai envie de zapper sur Borussia – Real. Pas d’enjeu. Mais il y a ce sentiment. Celui de rater quelque chose de rare. Je réfléchis. PSG – Chelsea je m’en fous en fait. Pourquoi regarder alors ? Parce que je suis Français ? Connerie. Je zappe, direction l’Allemagne. Quelque chose peut se produire. C’est mon choix.

Ils ont une chance, celle de montrer que ce soir ils peuvent être des héros. Tous les ingrédients sont là, 80 000 supporters qui gueulent. Ce soir, le Borussia va jouer à 12. Le Real domine les 10 premières minutes et l’arbitre siffle penalty pour une main de Piszczek. Cristiano est sur le banc, Angel Di Maria s’en charge mais le gardien part du bon côté. Il va se passer quelque chose.

Ce penalty est un tournant. C’est un peu comme si le BVB s’était enfin rendu compte de la chance qu’ils avaient. On sent quelque chose, ce public qui commence à foutre le bordel, ces mecs qui ont payé une fortune pour voir des gars qui ont pris une valise au match aller. C’est un déclic, le Borussia commence à pousser. Parfois, le football ne peut pas se décrire.

Sous la pression, le Real n’existe pas. Gareth Bale ne peut pas s’exprimer, Luka Modric rate tout. Le Borussia commence à comprendre, il y a un coup à jouer. Dans la recette d’un exploit, il y a toujours un coup du sort. Pepe en est la victime et sa tête hasardeuse lance un Marco Reus en feu ce soir. Y’a plus qu’à ajuster, 1-0. Tu te dis que l’on peut être témoin d’un grand match. Quelques minutes plus tard, sur une passe en retrait toute moisie d’Illaramendi, le Borussia va planter un second coup de tonnerre. C’est dingue, je n’ai pas de mots. Le Real n’est que l’ombre de celui qu’il a été au match aller. Mais comment leur en vouloir, comment jeter la pierre sur cette équipe ? Parfois, des trucs ne peuvent pas s’expliquer, une atmosphère, un contexte. Tu rates une, deux passes, tu sais que tu vas passer une sale soirée et que tu vas te faire secouer. Un seul est digne du Real en première mi-temps, mais il est d’habitude remplaçant. C’est San Iker.

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A part ça, Cristiano stresse sur le banc

Le roseau plie, mais ne rompt pas

C’est sans doute ce qu’a compris Ancelotti. Il sait gérer ces choses, il est le meilleur dans ce genre de match. La seconde mi-temps le prouve avec un retour au calme qui a fait beaucoup de bien à Madrid. Il y a plus de sérénité, d’application. Le Borussia réfléchit et cherche la clé. La seconde mi-temps est passionnante. J’ai envie d’aller pisser et après m’ouvrir une bière. Impossible. Je suis scotché, je ne peux pas faire autre chose que de regarder ce chef d’oeuvre. N’est-ce pas au fond ce que l’on attend d’un match de football ?

Il y avait tout dans cette confrontation. Une grande ambiance, un scénario qui n’était pas écrit d’avance, une seconde période faite de changements de rythmes où chacun a eu son temps fort et du suspens. Le Real va mieux mais n’y arrive pas. Benzema rate beaucoup d’occasions. C’est tellement évident, les Allemands vont marquer. C’est écrit. Je me vois visionnaire quand Mkhitaryan s’en va dribbler Casillas, mais je ne suis rien. Poteau. Plusieurs occasions vont s’enchaîner pour le BVB, mais Iker a sorti son habit des grands soirs.

C’est terminé. Le Real tremble, mais passe.

Les mecs du Borussia avaient une chance de montrer qu’ils pouvaient être des héros. Ils sont éliminés, mais quelque part, ils le sont devenus dans le coeur des supporters. C’est une leçon. Le foot, ce n’est pas qu’une logique de résultats. Merci le Borussia.

A propos de Un taureau

Quand j'étais petit, on m'a dit que j'allais faire des corridas et que mes couilles allaient finir dans l'assiette du toréro. Du coup, je me suis enfui et le Talkfoot m'a accueilli les bras ouverts. Spécialiste de tout et de rien.

Un commentaire

  1. C’est dommage ils méritaient d’aller plus loin…

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