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Dans la tête de Jérémy Clément


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Il est 20h25 lorsque le Stade Geoffroy Guichard se réduit à un silence dont on aurait aimé se passer. Son équipe gagne pourtant, mais un cri de douleur est venu glacer le dos des supporters Stéphanois. Jérémy Clément est par terre avec une fracture ouverte. Retour sur ce qui devait bien arriver un jour cette saison.

Le texte qui suit ci-dessous relève uniquement de l’imagination de l’auteur basé sur de faits réels.

Je n’ouvre pas les yeux, je ne veux pas voir. La douleur est insupportable, putain mais il qu’est-ce qu’il s’est passé ? J’essaye de me relever mais Aubame me gueule de rester par terre. Il déconne pas cette fois, il n’a pas envie de rire. Je comprends alors que c’est grave, la douleur reste présente. Le stade s’est éteint, bordel pourquoi moi ?

Je me pose 36 000 questions. J’obtiens vite une réponse pour la première, le toubib me regarde l’air grave en me disant: « Jérèm, ça sent pas bon. Surtout bouge pas, on va te transporter, mais t’as fini pour ce soir« . Saloperie. Le coupable se tient devant moi, il se tient la tête les larmes aux yeux. Il réalise qu’il est allé trop loin. Valentin bordel, t’as craqué mec ! Tu vaux mieux que ça. Je lui en veux, bien évidemment. Il va s’en sortir avec quelques matchs de suspension.

Je n’ai pas le temps de l’accuser, j’ai envie de lui en foutre une mais j’ai mal, trop mal pour penser. Enfin de l’aide, on me lève. C’est à ce moment où l’on me porte, sous les applaudissements, que je comprends que c’est terminé. Rideau. Je craque, je me mets à pleurer de désarroi et toujours la même question. Pourquoi moi ?

Roland (Romeyer, président de l’ASSE) arrive: « J’ai vu les images, c’est terrible. On va te soutenir, on te laissera pas. T’as besoin d’y aller au courage maintenant. » Ca réchauffe, mais ça n’atténue pas ma peine. Puis il me dit: « Tiens, j’ai quelqu’un pour toi au téléphone. »

« Allo mec ? Putain j’te demande pas si ça va ! » J’entends la voix de Jérémy (Janot, ancien gardien de Sainté). Je fonds en larmes au téléphone. « Accroche-toi mec ! Dis-toi que t’as tout Sainté avec toi parce qu’ici, on ne laisse pas tomber les guerriers, jamais !« . J’aime ce type, il arrivera toujours à me faire sourire même quand t’as mal.

 

 

Les pompiers sont arrivés, le brancardier qui me dit: « Direction l’hopital Nord, tu vas être opéré. Tu as une fracture ouverte. » Merde, le verdict tombe. Les mots qui me faisaient si peur ont été déballés. C’est terminé. Dans le camion, l’attente est interminable, mais un calmant me permet d’atténuer ma douleur. RMC dans la radio, j’entends le second but marqué par Brand’. Je n’arrive pas à me réjouir. Sérieux, j’aurais préféré pommer mais terminer le match…

J’arrive à l’hôpital, je suis directement pris en charge. Je serre la main d’un type, M.Phillipot, c’est lui qui va m’opérer. Il m’inspire confiance. Ca va bien se passer, ça doit bien se passer… En un clin d’oeil, je me retrouve sur le billard. La douleur s’en est allée. « Tu vas compter, je vais commencer à t’endormir pour qu’on puisse intervenir. T’es avec moi là? 1, 2, 3… » Je m’endors lentement. Je sais qu’à mon réveil, ma carrière prendra un virage serré.

A propos de Un blobfish

Quand je suis rentré au TF en 2012, on m'a promis que j'allais traiter des sujets intéressants mais je n'interviens que pour la L1 et L2. Du coup, je fais la gueule.

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